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avec Mohamed Lamine KABA, Combattant résolument engagé dans la lutte pour une Afrique libérée des tutelles.

La détresse climatique et la médiocrité des résultats de l’agriculture en Guinée.

Les changements climatiques ou la rupture des relations écologiques et éco-systémiques en Guinée.

  1. En guise d’introduction, retenons que les deux variantes ‘’climat-écologie’’ forment un tout et indissociable. L’une ne peut être ni le suffixe et ni le radical de l’autre. Leur séparation serait une aberration. Le paysage national en Guinée doit être changeant et vivant. L’idée forte et commune pourra conduire à une sorte de « mort de paysage ». Ce que l’on convenu d’appeler en d’autres termes une « détresse climatique aiguë ».
  2. En effet, avec le paysage, l’humanité est dans le domaine très complexe de la « trajection » et de l’intersection entre le monde regardé et le sujet regardant. Le paysage est la zone impressionnante. Le volume de la productivité et l’existence de la couverture verdoyante retiennent l’esprit des producteurs plus que leur attention sur les superficies semées.
  3. Les changements climatiques et écologiques influencent négativement le paysage rural qui risque de disparaître sous l’effet d’une détresse climatique aiguë. Actuellement, le paysage guinéen est soumis à plus de pressions et à la plus grande perturbation de son écosystème terrestre et aquatique :
  4. le braconnage des espèces animales protégées ;
  5. l’usage des feux de brousse : précoces ou non précoces ayant les mêmes effets ;
  6. Les effets destructifs sans lendemain des actions des consommateurs et utilisateurs des immenses ressources de la biodiversité.
  7. La détermination des responsabilités ne se situe pas au niveau local mais imputable à l’organisation de la superstructure de gestion communautaire. L’autorisation de la coupe des bois dans certaines localités du pays est déplorable.
  8. Accusé de tous les maux créés et accentués, l’agriculteur attribue les causes de la dégradation du capital naturel à un vide de principes d’applicabilité des lois et mesures réglementaires.
  9. L’orientation du secteur rural pèsera du poids sur l’avenir de l’agriculture. Des tentatives de réforme agricole et d’élevage se justifient dans les raisons. L’expérience a tourné son court parce que la philosophie de la stratégie de l’approche développée (1984-2010) n’était pas participative et communautaire.
  10. Dans la mesure où l’approche stratégique pénètre la paysannerie guinéenne, les situations sociales les plus graves (pénurie alimentaire, amélioration et diversification des produits et revenus des ménages) émettront des signaux pour garantir la gestion agricole compatible avec les impératifs écologiques et sociaux.
  11. L’agriculture guinéenne doit recourir à l’idéologie du régime de la première République (1958-1984) avec l’initiative d’assurer la souveraineté alimentaire. Assez de petites unités de transformation agro-alimentaire fonctionnaient à partir des matières premières fournies par l’agriculture guinéenne. Au nombre de ces unités de transformation agro-alimentaire, citons quelques-unes : Conserverie de Mamou, Jus de fruits de Kankan, Jus d’ananas de Maféryah, Thé vert de Macenta, Combina-textile de Sanoyah, la sucrerie de Koba, Tabacs-allumettes de ENTAG, Ustensile de Boussourah, Gari de Faranah, etc.
  12. A l’opposé du secteur agronomique, d’autres industries de fabrique disaient encore bonjour à la Guinée : les scieries de N’Zérékoré, Kissidougou, Sonfonia. Les centres artisanaux de confection étaient créés : bambou à Ratoma, menuiserie, électricité, mécanique auto-construction vivaient plein temps. Les matières premières étaient des résultats de production du pays.
  13. Au prime-abord, il faut éviter la prolifération plus poussée : se limiter à quatre types d’unité opérationnelle de base (U.O.B) par région naturelle et tester la stratégie d’approche et les démarches méthodologiques aux réalités de terrain et aux mentalités de la population. Cela doit être échelonné en deux phases : la première phase (deux ans) et la deuxième phase (trois ans), d’où cinq années d’exécution. A chaque semestre, le forum inter-régional doit regrouper les responsables de toutes les filières en réunions croisées où le responsable de chaque localité appréciera les forces et faiblesses constatées. A la fin de la phase teste, si les conditions sont plus propices à la stratégie, elles seront plus concentrées et intensives en tenant compte surtout de la capacité d’absorption écologique.
  14. Sans la puissance de l’application des itinéraires agro-techniques, les modes particuliers de gestion et de valorisation des zones écologiquement sensibles aboutiront à la création de biotopes semi-naturels.
  15. En Guinée, le type d’élevage est traditionnel. L’animal cultive pour la satisfaction de ses besoins. La période de la grande sécheresse, le manque de fourrage donne l’occasion à la divagation sauvage : l’animal n’est plus sous la direction de son propriétaire. La perte des veaux, les vols, les maladies épizootiques et les accidents demeurent alors leur compagnon. Autres éléments de l’échelle, le manque de point d’eau et de sources expose les bêtes domestiques à des cas de mort. La triste réalité des conditions de vie des animaux est aggravée par les effets des feux de brousse. Les immenses prairies incendiées ne présentent plus que les souvenirs des souches d’herbes carbonisées. Les jeunes pousses nouvellement sortis de la terre ressemblent à des membres infimes, et le feu laisse des traces de cicatrices dans les creux des espèces rustiques. La vie de l’écosystème se voit dans l’obligation de faire prévaloir sa retraite dans les mains du créateur.
  16. Le voyage historique et intellectuel dans le monde de l’âge d’or des écosystèmes naturels terrestres et aquatiques, l’âge d’or dans lequel l’écologie et le climat se fortifiaient, les sources de multiples gènes d’espèces, des immenses diversités biologiques se reproduisaient et se multipliaient dans les conditions jugées les meilleures. La formation du couvert végétal arbustive et arborée montait jusqu’au sommet des montagnes et des arbres.
  17. Les composantes des groupes d’espèces forment les familles, les espèces et les comptes de sécurité. Les zones humides, les têtes de sources, les touffes de forêts clairsemées par endroits étaient soumises aux règles et principes des interdits rituels : coutumes et traditions. La conception empirique avait le grand respect pour la communauté formée par l’association des faunes, des flores, des avifaunes, des amphibiens, etc.
  18. C’était sous le tapis vert des humides bords des cours d’eau que se rencontrait la communauté des meilleures espèces de la diversité biologique de grande envergure. La conception actuelle du monde moderne considère la nature et ses composantes comme des ennemies à abattre et à détruire. La cupidité et l’ambition qui n’ont de limite à l’esprit humain font rompre la vie en symbiose entre les êtres humains et les écosystèmes.
  19. L’extraction aveuglante des ressources du sol et du sous-sol expose le paysage rural au rythme d’agressivité sans lendemain. La vie mourante est plus ressentie dans le monde rural où la paysannerie est exposée à l’extrême pauvreté. La tendance peut être balayée et remplacée par des systèmes nouveaux de valorisation des ressources naturelles. Les villes paient elles aussi un tribut de plus en plus lourd aux catastrophes d’origine anthropique et humaine.
  20. L’organisation des paysans, soutenue par l’application des itinéraires techniques agro-pastoraux serait d’un fort atout ou d’un fort levier pour augmenter et diversifier le volume de production et les produits locaux dans les marchés.
  21. Pour conclure, une réforme structurelle et institutionnelle s’avère nécessaire pour atténuer les effets visibles et invisibles des changements climatiques sur la production nationale ainsi que la promotion des initiatives privées axée sur une réforme triadique : agriculture, chasse et pêche.
  22. Accédez à l'intégralité du livre intitulé "Comment atteindre la souveraineté alimentaire en Guinée" ici
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A
Belle analyse ! et ça mérite vraiment d’être débattu chez nous, car l’écologie et le réchauffement climatique n’est pas seulement une affaire de nations développées (Europe). C’est une problématique mondiale. Voir les nations africaines rester en marge sans prendre des initiatives pour agir contre ces phénomènes pourraient constituer des erreurs fatales dans l’avenir.<br /> <br /> Vivement la prise de conscience et plus d’actions !<br /> <br /> Force à toi mon ami !
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M
Merci beaucoup pour votre contribution Monsieur Alpha Oumar BARRY,<br /> Vous avez parfaitement raison. Les changements climatiques posent une problématique à dimension planétaire qui a besoin d'une réponse planétaire bien coordonnée.<br /> Pour y parvenir, il faudrait penser globalement et agir localement.