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avec Mohamed Lamine KABA, Combattant résolument engagé dans la lutte pour une Afrique libérée des tutelles.

Axes stratégiques touchant aux socles spécifiques de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest

L’intégration régionale est un processus à la fois méthodique et technique faisant appel à un niveau élevé d’expertise avérée dans divers domaines concernant un espace géographique intégré et dont les communautés sont liées par des rapports de dépendance et d’interdépendance.

Mohamed Lamine KABA

A partir de 1960, de nombreux pays africains acquièrent leur indépendance mais restent largement fragiles au plan politique, économique et militaire. Les États ouest africains qui s’inscrivent en général dans cette dynamique vont vite percevoir la nécessité stratégique de se regrouper au sein d’une organisation sous-régionale. C’est donc dans cette optique que sera créée la CEDEAO le 28 mai 1975 à Lagos au Nigeria et avec pour objectif de promouvoir la coopération et l’intégration dans le domaine économique, social et culturel, en vue d’aboutir à une union économique et monétaire par l’intégration totale des économies nationales des États membres.

La CEDEAO a pour ancêtre Union Douanière de l’Ouest Africain (UDOA) 1959 dont les pays fondateurs sont : le Dahomey (actuel Bénin), la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), Côte d’Ivoire et Niger. A ces quatre (4) pays, s’ajoute plus tard le Togo.

L’Afrique de l’Ouest est l’une des cinq (5) régions géographiques du continent africain. Composée de 16 pays dont 15 sont regroupés au sein d’une communauté économique régionale (CER) appelée la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO en abrégé), cette région a le plus grand nombre de pays en son sein : Guinée, Mali, Ghana, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Sénégal, Togo, Bénin, Nigéria, Gambie, Cap-Vert, Niger, Sierra Leone, Mauritanie (non membre depuis 2000), Guinée-Bissau et Libéria.

Dans le présent exposé, nous tenterons d’aborder en deux axes, l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.

Axe 1 : La question d’intégration

1. Intégration politique et légale

  1. Création d’institutions supranationales : cour de justice, parlement, conseil économique et social ;
  2. Libre circulation des personnes qui comprend trois (3) volets : abolition des visas / droit de résidence / droit d’établissement ;
  3. Suppression entre les États membres des obstacles à la libre circulation des biens, des services et des capitaux ;
  4. Harmonisation des codes nationaux des investissements aboutissant à l'adoption d'un code communautaire unique des investissements ;
  5. Harmonisation des normes et mesures.

2. Intégration sociale et culturelle

  1. Adoption d'une politique communautaire en matière de population qui prend en compte la nécessité d'établir un équilibre entre les facteurs démographiques et le développement socioéconomique ;
  2. Adoption de politiques communes dans les domaines de l'économie, des finances, des affaires sociales et culturelles ;
  3. La mise en œuvre de cette intégration culturelle passe par des festivals, des foires et autres rassemblements internationaux.

Cet axe est probablement le plus important car c’est ici que peut prendre naissance dans les populations le commun vouloir d’une vie commune à travers l’éducation, la jeunesse, la santé, le tourisme etc.

3. Intégration économique et monétaire

  1. Institution d’un marché commun et création d’une monnaie commune ;
  2. Harmonisation des politiques économiques et financières ;
  3. Adoption de politiques communes dans les domaines de l'économie et des finances ;
  4. Financement autonome des budgets des institutions ;
  5. Création d'un fonds de coopération, de compensation et de développement ;
  6. Promotion de la création d'entreprises conjointes de production ;
  7. Création d’une union économique et monétaire ;
  8. Établissement d’accord régional sur les investissements transfrontaliers ;
  9. Promotion d'entreprises communes par les organisations du secteur privé et les autres opérateurs économiques ;
  10. Adoption de mesures visant à promouvoir l'intégration du secteur privé et création d'un environnement propre à promouvoir les petites et moyennes entreprises.

Axe 2 : La question de coopération dans le contexte de l’intégration

1. Coopération douanière

  1. Établissement progressif d’une union douanière entre les États membres de la Communauté ;
  2. Établissement d’un Tarif Extérieur Commun (TEC) et et d'une politique commerciale commune à l'égard des pays tiers ;
  3. Mise en place du système de traitement automatisé des données douanières (SYDONIA) pour renforcer les recettes douanières des Etats Membres ;
  4. Toutes autres activités que les États membres peuvent décider d'entreprendre conjointement à tout moment en vue d'atteindre les objectifs de la Communauté ;
  5. Libéralisation des échanges par l'élimination entre les États membres, des droits de douane à l'importation et à l'exportation des marchandises ;
  6. Abolition entre les États membres, des barrières non tarifaires en vue de la création d'une zone de libre-échange au niveau de la Communauté ;
  7. Promotion d'un développement équilibré de la région en accordant une attention aux problèmes spécifiques de chaque État membre, notamment à ceux des États membres sans littoral et des États membres insulaires.

2. Coopération commerciale

  1. Mise en place du logiciel EUROTRACE pour le traitement des statistiques du commerce extérieur ;
  2. Organisation de foires commerciales CEDEAO ;
  3. Promotion et renforcement des relations et de la circulation de l'information entre les populations rurales, les organisations de femmes et de jeunes, les organisations socioprofessionnelles telles que les associations des médias, d'hommes et femmes d'affaires, de travailleurs, de jeunes et de syndicats.

3. Coopération en matière d’infrastructures

  1. Energies ;
  2. Télécommunications ;
  3. Transports terrestres ;
  4. Infrastructures sanitaires.

4. Coopération en matière de politique environnementale

  1. Lutte contre les végétaux flottants (jacinthe des eaux) ;
  2. Lutte contre la désertification ;
  3. Renforcement des services météorologiques nationaux ;
  4. Harmonisation et la coordination des politiques pour la protection de l'environnement.

5. Coopération en matière de paix et sécurité

  1. Adoption du protocole de non-agression en 1978 ;
  2. Adoption du protocole d’assistance en matière de défense en 1981 ;
  3. Création de ECOMOG (Economic Community of West African States Cease-fire Monitoring Group) : Groupe de suivi du cessez-le-feu de la CEDEAO créé par Décision de la Conférence en 1990.

Pour clore, rappelons qu’il était question d’analyser la problématique de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Dans notre démarche, nous nous sommes focalisés sur deux axes principaux à savoir : l’intégration et la coopération en contexte d’intégration au sein cet espace sous-régional, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Retenons que le manque de moyens financiers fait que les organismes atteignent rarement leurs objectifs. L'absence d'une monnaie commune freine l'intégration économique. Les difficultés de circulation des personnes et des biens (fermeture des frontières). La fragilité des économies qui dépendent de l'aide des pays riches.

Bref, pour pallier à ces problèmes, la bonne gouvernance est la solution de la sous-région. Les défis en matière de paix et de sécurité traduisent surtout des problèmes de gouvernance, tels la gestion des élections. Même les problèmes liés au terrorisme, à la gestion de la diversité, au développement ont trait à la gouvernance.

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